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8 janvier 2010 5 08 /01 /janvier /2010 03:10
 

Après avoir trait et nourri les vaches, l'occupation principale consiste à retirer puis sortir le fumier à la brouette, le déposer en tas à quelques pas de l'habitation et à arranger ( s'occuper de ) les bêtes en leur remettant une litière de paille, ce sont les ouvrages.

 

Le poêle et les chambres sont agrémentées d'un plancher alors que la cuisine est couverte de grosses dalles de grès. Elle se trouve au – dessus de la cave voûtée très fraîche et on y a souvent pratiqué une petite trappe, fermée d'une ou deux courtes planches, par laquelle on vide les sacs de pommes de terre directement dans le rembourré en bois fabriqué dans la cave, évitant ainsi l'escalier de pierre plutôt raide et donnant sur le vide du côté opposé au mur.

 

Devant la maison se trouve le bassin en grès alimenté par une des très nombreuses sources de la montagne. Il sert aux paysans pour y recueillir l'eau dans des brocs ou des seaux, pour y faire la lessive ou y nettoyer les outils mais il sert aussi d'abreuvoir aux animaux. La pluie ou le dégel rendent le sol boueux mais on y a remédié en le couvrant, devant la porte d'entrée et la porte de grange, de larges pierres de grès.

 

Laurent, ainsi que son frère Georges, de deux ans son cadet, avait appris au fil des années à devenir un fameux paysan, cultivateur et éleveur, producteur de lait et fabricant de fromage à la fois ( le gérômé qui, affiné, devient le Munster ). C'était le lot de la plupart des jeunes gens de la région avec, en plus, l'ambition de devenir propriétaire. Il ne manque pas de fermes à Granges, l'habitat y est dispersé, c'est l'héritage des censes obtenues par les ascencements ou arrentements, comme on disait autrefois, d'où le nom du hameau des Arrentès, de la commune de Corcieux. Ainsi, beaucoup d'écarts se trouvaient bien peuplés, ce sont, entre autres, Le Champ Le Marc, Les Chappes, Le Pré Genêt, Tihaugoutte, Rosé, Herméfosse ou la Sauteure sur le versant exposé au sud-ouest ou encore Les Quatre Vents, Le Boulay, La Passementière, Les Baumes sur le versant au nord-est, et bien d'autres encore jusqu'aux limites des communes de Réhaupal au sud – ouest, Corcieux au nord – est et Gérardmer au sud – est.

 

Un jour, qu'il allait d'un bon pas sur le chemin entre le Pré Genêt et Tihaugoutte, Laurent avait dû s'arrêter à plusieurs reprisespour répondre au salut des riverains qui le connaissaient bien :

  • Alors, mon garçon, tu as l'air bien pressé ?

  • C'est que je dois aller jusqu'à Herméfosse, là-haut, chez Jean Mengeolle...

  • Ah oui, alors va, pour ne pas être ennuité ( pris par la nuit ), et …. donne le bonjour à la Marguerite....

 

Marguerite, c'était la fille de Jean, six ans de plus que lui et notre Laurent avait un gros faible pour elle. Il est vrai que ses visites de plus en plus rapprochées chez Mengeolle n'avaient pas manqué d'éveiller la curiosité et rares étaient ceux qui ignoraient comment tout cela allait finir !

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7 janvier 2010 4 07 /01 /janvier /2010 06:12
 

Laurent Baradel était né à Granges, dans la ferme familiale, aux Paires, le 5 septembre 1779, Il portait le même prénom que son père et son grand – père qui était déjà laboureur à Granges, tout comme le trisaïeul Claude François Baradel,

 

Le père de Laurent avait épousé sa mère, Jeanne Marguerite Claudel, dans la petite église de Champdray, pas très loin, là – haut, sur le plateau, à plus de 700 mètres d'altitude, où la bise ( vent du Nord – Est ) hivernale est aussi glaciale que le soleil est chaud lorsqu'il tape dur en été. Les épousailles avaient eu lieu un 6 octobre, en 1767, déjà un an que la terre de Lorraine était revenue au Roi de France Louis XV, après la mort de son beau père, le bon Duc Stanislas, aimé des Lorrains.

 

Les Paires, c'est un lieu – dit proche du centre, dans la direction de Barbey – Seroux et du col des Arrentès. De là, à près de 700 mètres, on descend sur le chef – lieu du canton : Corcieux. L'église est à quelques centaines de mètres de la ferme Baradel et c'est là qu'on l'avait baptisé, lui, Laurent, troisième du nom, et c'est là qu'il pensait bien faire baptiser un jour son propre enfant qui porterait, c'était devenu une tradition, le prénom de ses aïeux.

 

Laurent avait grandi ici, y était allé à l'école, élève plutôt brillant dont la belle écriture faisait l'orgueil de ses parents. Puis il avait tout naturellement emboîté le pas à son père dans les tâches agricoles. On se consacrait à l'élevage bovin et, après le regain d'été, les vastes greniers sentaient bon le foin qu'on avait rentré et déchargé à la fourche, debout sur les charrettes pleines de la bonne herbe sèche. Cela faisait les bras ! Couper l'herbe à la faux était aussi un travail éreintant et il fallait se lever tôt pour être aux prés dès que cinq heures sonnaient au clocher. On emportait la    « moronde « ( casse – croûte ) et on mangeait assis à l'ombre d'une haie, pas de temps perdu ! Rien n'était facile alors mais on était heureux et fier quand tout était fané et prêt à être engrangé sans avoir pris la pluie. Et il faut bien dire que la fenaison est la condition vitale pour passer l'hiver sereinement.

 

Bien sûr, on avait quelques champs de blé, il fallait bien un peu de farine, et aussi quelques champs de pommes de terre qu'on arrachait dès la mi-septembre. Toute la famille participait mais les champs paraissaient bien longs quand on relevait la tête... Pourtant, les sacs en toile de jute remplis des précieux tubercules puis la cave emplie de la bonne odeur des «  patates «  faisaient oublier la sueur, les ampoules aux mains et le dos douloureux.

 

Dans la ferme, on entre par une étroite porte basse au-dessus de laquelle sont souvent gravés les noms ou initiales des bâtisseurs et qui donne directement sur la grange où on décharge les récoltes. Une porte cochère accède évidemment aussi à la grange bordée d'un côté par l'étable et de l'autre par les pièces habitables : la cuisine avec sa pierre à eau en grès, le poêle, lieu de réunion entre parents ou voisins pour le «  couarôge «  ( pour parler...), la chambre de devant ou de derrière et une autre accessible par un escalier de bois, le tout dominé par le grenier à foin bourré jusqu'au faîte. On jette le foin dans la grange pour le distribuer au bétail par des mangeoires parfois munies d'ouvertures à glissières en bois. Les bêtes passent au moins six mois à l'étable à cause des conditions climatiques, c'est dire qu'il vaut mieux être prévoyant ! La chaleur du bétail et le foin qui isole très bien en recouvrant le rang des bêtes, celui des gens et même en partie la grange grâce à une plateforme surélevée, font qu'on vit confortablement au chaud à l'intérieur des maisons paysannes graingeaudes.

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6 janvier 2010 3 06 /01 /janvier /2010 16:03

Je voudrais publier sur ce blog un roman inspiré d'une histoire vraie du  19 ème siècle, un meurtre ayant eu lieu à Granges, aujourd'hui Granges sur Vologne ( Vosges ) tristement célèbre par" l'Affaire Grégory", roman que j'ai écrit en 1997 après avoir consulté les Archives Départementales des Vosges, tant sur le plan judiciaire que  généalogique, et inspiré de faits réels avec des personnages ayant réellement existé. Dialogues et témoignages, romancés inévitablement mais juste pour les besoins de la mise en pages, émanent des témoins et auxiliaires de Justice de l'époque.

PROLOGUE :

Dans la vallée de la Vologne, à douze kilomètres en aval de Gérardmer, le bourg de Granges tire son nom des granges, ces habitations faites de pierre et de bois qui abritaient les gens et le bétail, construites un peu partout dans les Hautes Vosges dès le quinzième siècle et gagnées sur les forêts. Il se situe à une altitude moyenne de cinq cents mètres mais les sommets qui l'entourent culminent à plus de sept cents mètres.

En cette année 1823, Granges grouille de vie et la besogne ne manque pas pour ces durs paysans vosgiens à qui il en faut du courage pour mener à bien le travail de la ferme sur une terre un peu ingrate et où le climat vient souvent contrarier la récolte ou la fenaison. Les jours de pluie se comptent sur plus d'un tiers de l'année et la neige dure.... Que de rhumatismes pour les Graingeauds ! Mais ne dit - on pas ici que cela conserve ?

Par nécessité on vit chichement à Granges, comme dans toute zone de montagne, mais mieux cependant que les ancêtres qui, popur bénéficier des ascencements ( don d'une terre par le Duc de Lorraine en échange d'un cens ou redevance ) accordés par le Duché de Lorraine, durent assainir, défricher et ôter les nombreuses pierres et roches qui encombraient les prés et les champs. Sur le territoire de la commune, au - dessus du hameau de Barbey - Seroux, il existe d'ailleursvun champ de roches qui s'étend sur quelques centaines de mètres de longueur et quelques dizaines de largeur. Les gens instruits disent que cet amas de roches, dont la hauteur serait de huit mètres, témoigne du travail, à l'ère quaternaire, du glacier du Hohneck qui le déposa à cet endroit. Les pierres de toutes tailles qu'ils retirèrent de leur sol, les anciens les utilisèrent pour construire des murets servant de limites de parcelles ou des talus le long des chemins.. Ils prenaient soin de bien caler en comblant les interstices à l'aide de pierres plus petites  et  leurs talus sont une construction efficace et durable qui traversa les siècles. Ce fut un travail laborieux mais on récolte aujourd'hui le fruit de la sueur versée pendant des décennies par tant et tant de vaillants laboureurs.

Malgré tout, la vie s'écoule plutôt bien et le caractère des gens d'ici s'accomode toujours de ces difficultés et les montagnards endurcis ne rechignent jamais. D'ailleurs, pour bon nombre d'entre eux, dont les parents ou grands - parents sont descendus de la pourtant proche région de Gérardmer, on n'a pas oublié que, là - haut, les hivers étaient plus longs, plus rudes, et les pentes plus raides !

Mais, comme partout, il arrive que les relations soient parfois tendues, c'est ce que laissent penser certains lieux - dits des environs qui portent le nom évocateur de " La Querelle ".....

A demain pour la suite et le début de cette histoire qui ne fait que commencer...

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6 janvier 2010 3 06 /01 /janvier /2010 15:55

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