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18 janvier 2010 1 18 /01 /janvier /2010 00:38

 

Quant à la vie politique française, elle touche peu nos régions reculées. Néanmoins, on se souvient des jeunes qui participèrent aux guerres napoléoniennes un peu partout en Europe et dont beaucoup ne rentrèrent pas, tombés sur les champs de bataille d'Espagne, de Prusse, de Russie... Ils furent nombreux les Vosgiens qui combattirent pour l'Empire de Napoléon 1er. Toujours bons soldats, leur caractère tenace et combatif ici aussi faisait ses preuves.

Et puis, lorsque Louis XVIII, frère du roi guillotiné, fut remis sur le trône de France, on se dit ici que cela ne changerait pas grand-chose, hormis le fait de stopper le désastre engendré par les guerres impériales, et on abordait rarement les discussions au sujet de la République, de l'Empire ou de la restauration de la Monarchie. On subissait. Et on avait bien d'autres préoccupations avec la terre et les bêtes, les récoltes et les pâturages, le bois de chauffage ou de charpente, en un mot : vivre. Car c'était ça la préoccupation des paysans et elle n'avait pas changé et ne s'était pas atténuée avec les régimes successifs. Alors, à quoi bon palabrer à propos de choses qui nous dépassent et dont nous ne sommes que les jouets ? Tout se règle loin d'ici et on ne se soucie guère de nous autres. Louis XVIII, en cette année 1823, avait 68 ans. Qui le savait ? Le maître d'école et quelques autres ? Ce roi obèse et goutteux au point d'être incapable de monter à cheval seul et de marcher seul était loin de ressembler aux habitants de Granges et sa région, laborieux, vifs et durs à la tâche.

Non, vraiment, on avait ici d'autres priorités. La foire en était une et pas des moindres.

Le jour de la foire était le mardi, le troisième du mois. C'était l'occasion pour les gens des environs de faire une sortie plus souvent destinée à rencontrer des amis qu'on ne voyait pas tous les jours plutôt qu'à faire de gros achats. On n'était pas bien riche; les badauds flânaient devant l'étal de marchands venus de Gérardmer, Saint-Dié ou d'ailleurs et on voyait des groupes de 3, 4, 5 personnes, parfois davantage, occupés à causer, les mains bien enfoncées dans les poches profondes des pantalons de toile.

  • Alors, Batisse, comment va ton p'tiot ? Et ta femme, la Jeannon, l'accouchement s'est bien passé cette fois ?

  • Ca va mieux, mais la matrone et moi on a eu peur pour le gosse. J'ai bien cru qu'on allait revoir le malheur de l'an passé. Enfin, tout va bien maintenant.

  • Tant mieux, et chez toi, Colas, quoi de neuf ?

  • Une vache a vêlé la nuit dernière et je n'ai point fermé l'oeil, mais elle nous a donné un veau bien «  boliant » ( en pleine forme et santé ), et ça, ça s'arrose ! Vous venez ? Chez Morel ou chez Francion ?

  • Va pour chez Morel, on ira voir Francion plus tard !

  • Bien dit, Claudon, allons-y !

  • Salut Dominique, à boire pour tout le monde, on a le gosier sec !

  • Salut les amis, vous apportez le beau temps ? Demanda Dominique Morel, le cabaretier.

  • OH oui, c'est pour du beau, et ça va durer, mon rhumatisme ne me trompe jamais... Et Barbe, où se cache-t-elle ?

Barbe, c'était Marie Barbe Paxion, l'épouse de Dominique Morel. Elle avait 29 ans.

  • Où veux-tu qu'elle soit ? A la cave bien sûr ! Elle tire des chopines au tonneau, il en faut du vin avec tout ce monde que la foire nous amène....

  • De quoi te plains-tu ? Les affaires marchent !

  • Les vôtres n'iraient-elles pas comme vous voulez les gars ?

  • Si, mais, vois-tu, c'est un peu un jour gras l'autre maigre, c'est comme ça...

On parlait de tout et de rien mais on était heureux de se retrouver pour avoir des nouvelles de l'un ou l'autre, d'ici et là, ou simplement pour parler.

Mais la foire était aussi un prétexte pour ceux qui n'y voyaient qu'une occasion, presque justifiée, on fait la foire ( ! ), de s'enivrer une fois de plus et en commençant de bon matin pour quelques uns. Les poivrots déambulaient de cabaret en auberge et avaient toujours une bonne raison de lever le coude. Certains finissaient la journée ivres-morts dans un coin quelconque, d'autres parlaient et riaient bruyamment, quelques uns avaient «  le vin mauvais » et cherchaient querelle et, pour leur faire entendre raison, il fallait parfois leur rafraîchir les idées en les plongeant dans un bassin ! !

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17 janvier 2010 7 17 /01 /janvier /2010 03:45
 

Si on comprend la condamnation, on s'interroge sur l'utilité de telles pratiques issues d'un autre âge... Peut-on se réjouir du spectacle du malheur d'un homme, même coupable, et comment ne pas avoir de pitié ? La nature humaine serait-elle donc aussi dure qu'on veut bien le dire ? Espérons que non.

 

Cependant, le 12 juillet 1812, un coup de théâtre étonnant met en émoi toute la population de Jussarupt, Granges et les villages voisins:

  • Connaissez-vous la dernière du fin Georges ?

  • Non, mais il est en prison à Epinal, enfin avec un tel gaillard on peut s'attendre à tout, il n'a quand même pas tué un gardien ?

  • Non, mais il n'est plus en prison, il s'est évadé la nuit dernière !!

  • Pas possible... c'est une blague ?

  • Non, non, il s'est fait la belle avec ses fers aux pieds par-dessus le marché ! Dix autres détenus se sont enfuis en même temps que lui cette nuit...

  • Ca alors, pas étonnant qu'on l'ait surnommé le fin Georges !

 

En quelques jours ses dix compagnons de cavale sont repris mais le fin Georges court toujours ou plutôt il se terre quelque part. Il est passé maître à ce jeu-là. On apprend même en 1814, puis 2 ans plus tard, en 1816, la naissance de 2 autres enfants de Georges Gremillet et Marie Madeleine Clément son épouse, 2 files : Catherine et Marguerite, bien sûr déclarées sous le nom de Clément. L'acte de naissance de l'une d'elle porte mention de Georges qui «  a été condamné à une peine infamante ». Si, dans les chaumières, on doute un peu de la paternité du fin Georges, le connaissant bon nombre de villageois en sont malgré tout convaincus.

Et puis, le 6 mai 1817, c'est-à-dire 4 ans 10 mois et 5 jours après sa spectaculaire évasion de la maison d'arrêt d'Epinal, le fin Georges, repris, réintègre sa cellule après avoir donné du fil à retordre à ses poursuivants.

 

Alors, pour lui, la vie va changer d'aspect : il est transféré au bagne de Toulon peu de temps après. Quelles sont ses pensées, à 38 ans, au cours de ce long transfert ? Pense-t-il à sa famille ? A la distance qui va les séparer ? A ses jeux, enfant, sur les bords de la Vologne, à Lépanges ( aujourd'hui Lépanges sur Vologne ), village où il est né ?

Sans doute tout cela lui traversa-t-il l'esprit mais, probablement qu'en plus il se répète que cette triste nuit-là, il y a déjà plus de 6 ans, s'il n'avait pas bu.........

 

Georges Gremillet, condamné à 20 ans de travaux forcés en 1817, mourra au bagne de Toulon, à «  l'hospice des chiourmes », le 17 août 1830, à 51 ans, 7 ans avant sa libération. Les dures conditions de vie au bagne , travaux, punitions, ont certainement emporté celui qu'on croyait indestructible tant il était fort et rusé...

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16 janvier 2010 6 16 /01 /janvier /2010 04:22
 

Les Graingeauds avaient eu déjà eu un écho des méfaits de l'alcool :

Cela se passait chez Francion, autrement dit François Dominique Froitier, un cabaretier de Granges, le jour où des jeunes de Jussarupt, village voisin, avaient raconté le drame du 13 janvier 1811 :

  • Avez-vous eu vent de la dispute de la nuit dernière par chez nous ?

  • Non, que s'est-il passé, c'est grave ?

  • Un peu, raconte-leur Jean.

Et le dénommé Jean s'était exécuté après avoir avalé un peu de vin :

  • Eh bien, il paraît qu'hier, Georges Gremillet et son beau-frère Thomas Martin, de notre village, étaient allés à la pêche de nuit...

  • Comment ça de nuit ? Avait demandé un non-initié.

  • Oh, la technique est simple, Georges emporte un fossoir ( houe ) pour mettre à sec des portions de ruisseau et ils n'ont qu'à se baisser pour ramasser le poisson !

  • Gare aux gardes s'ils se font prendre....

  • Laisse-le donc parler, Francion, car jusqu'ici il n'y a pas de quoi fouetter un chat ! Avait ajouté un « dur »

  • Sûr, mais, en revenant, ils sont entrés avec Nicolas Pentecôte, de Laveline ( aujourd'hui Laveline devant Bruyères ), chez son frère Dominique Pentecôte qui tient une auberge à Laveline...

  • Et alors ?

  • Ben, là, ils ont dû boire beaucoup, vin, goutte, est-ce que je sais moi ?? Toujours est-il qu'ils sont ressortis à 3 heures du matin , bien éméchés !

  • Et c'est là qu'une dispute a éclaté ?

  • Oui, Georges Gremillet et Nicolas Pentecôte se sont fâchés, je ne sais pourquoi, et georges a fendu le crâne de Pentecôte d'un coup de fossoir !

  • Non, et il est...

  • Mort ? Non, mais il n'en vaut guère mieux...

Cette nouvelle avait laissé tout ce monde perplexe, tous plus enclins aux rigolades qu'aux bagarres.

Quelques jours passèrent et, le 25 janvier, on appris la nouvelle de la mort de l'infortuné Pentecôte. Les nouvelles vont alors bon train et on commente chez Francion :

  • Ce sont deux médecins de Bruyères, Jean-Baptiste Mougeot et Claude Thiébaut, qui ont fait le constat et, vu la blessure, la culpabilité de Gremillet ne fait aucun doute.

  • Il a été arrêté ?

  • Non, le fin Georges, comme ils l'appellent à Jussarupt, a senti que les choses tournaient mal et il a disparu. Personne ne sait où il est, c'est un malin, alors pour le retrouver...

  • C'est vrai, dit un autre consommateur, Nicolas Boileau, un gendarme de Bruyères, est venu pour l'arrêter, en compagnie de Jean-Baptiste Aubry et Jean-Baptiste Gremillet, les brigadiers forestiers de Beauménil ( autre village ) mais ne l'ont pas trouvé chez lui. On dit que Marguerite, sa femme, lui a conseillé de s'enfuir... D'ailleurs elle ne s'en cache pas !

Georges Gremillet, alors âgé de 32 ans, est condamné, par contumace, le 22 avril 1811, par la Cour d'Assises des Vosges, siégeant à Epinal. On dispose de peu de moyens pour mettre la main sur un fuyard tel que Georges Gremillet, rusé et connaissant la région comme sa poche, même le plus profond des forêts, et les gendarmes n'ont guère de chance d'appréhender le prévenu. Pourtant, le 12 novembre suivant, sans doute fatigué à l'approche de l'hiver, après s'être caché on ne sait où, le fin Georges se constitue prisonnier à Epinal. Il affirme : «  Je suis las d'être dans l'incertitude au sujet de la condamnation portée contre moi... »

Evidemment, il est rejugé par la Cour d'Assises vosgienne et se voit condamné, à l'unanimité des jurés, le 4 mars 1812, à 20 ans de fers. Il doit aussi payer les frais de son procès.

Le 8 mars suivant, à Epinal, Georges est exposé pendant 6 longues heures sur la Place des Vosges, attaché à un poteau, la tête surmontée d'une pancarte portant son nom, sa profession, sa condamnation et la raison de celle-ci.

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15 janvier 2010 5 15 /01 /janvier /2010 00:03
 

Lorsque, le 21 avril 1813, Claude Lejeal épouse à Granges Marie-Thérèse Georgel, il a 26 ans, elle 23 et elle vient de perdre sa mère, née Marie Vallance, le 21 janvier précédent. Son père, Joseph Georgel, est décédé à l'âge de48 ans le 22 décembre 1797. Marie-Thérèse a un frère aîné, Jean Joseph, qui a épousé Marie Françoise Clément, de Corcieux, et qui vit à La Chapelle; il a un fils de 3 ans ½ : Jean François. Elle a aussi 2 soeurs, Marguerite et Catherine, la cadette, qui vivra avec eux à Rosé. Leur ferme se trouve à l'angle du chemin de Tihaugoutte à Herméfosse et de celui qui descend à la Sauteure.

Comme toutes les femmes de sa condition, elle participe aux travaux de la ferme et s'occupe aussi avec Catherine d'un potager exposé au sud. Celle–ci l'aide aussi à la basse-cour, s'occupe des poules, ramasse les oeufs et s'acquitte de quelques tâches ménagères; ayant la chance de vivre sous le même toit, elle estime devoir participer aux frais de cette façon.

Malgré le travail, les journées sont longues pour une jeune fille et c'est avec plaisir qu'elle accueille les colporteurs qui passent parfois dans les fermes offrir leur marchandise : images pieuses ou autres, imprimés variés, et un tas de petits objets de première nécessité ou complètement inutiles mais qui agrémentent la vie... De plus, on aime écouter les nouvelles qu'ils rapportent de leurs pérégrinations à travers les provinces, ils sont souvent de gais lurons qui chantent et égaient les maisons mais aussi des rétameurs, aiguiseurs, cordonniers ou médecins charlatans. Enfin, leur arrivée est l'occasion de rompre la monotonie et on les héberge dans le grenier à foin en leur offrant le couvert. Ce sont la plupart du temps de pauvres hères qui s'usent sur les chemins de France, tentant de vaincre leur mauvaise fortune, des vagabonds, des exclus du bonheur qui restent parfois des années loin de leurs villages. On prête à certains une mauvaise réputation mais ils ne sont pas la majorité et, malgré la méfiance naturelle des montagnards, les Graingeauds leur font plutôt bon accueil. Catherine Georgel trouve même dans le ballot de l'un d'eux de quoi faire un cadeau à sa soeur aînée qui attend son premier !

C'est une fille le premier enfant des Lejeal, Marie Catherine, du prénom de sa marraine, qui naît à Rosé le 14 février 1814. Claude va déclarer sa naissance en la maison commune de Granges et il réitérera son geste le 18 avril 1817 pour l'arrivée de Jean Nicolas et le 1er mars 1821 pour Joseph qui reçoit le prénom de son frère, parrain du nouveau -né.

Joseph Lejeal est marié également et il a fait construire sa ferme en 1820 juste en bas de Rosé à La Sauteure. Il a fait graver la date de 1820, son nom et celui de son épouse, Marie Barbe Froitier, au-dessus de la porte d'entrée, ainsi il espère passer à la postérité. Nombreux sont ceux qui ont fait de même et on peut penser que c'est une manière de survivre au temps ou de laisser une trace... N'est-ce pas de tous temps une des préoccupations premières des Hommes ? En transmettant un nom, un prénom, une oeuvre, chacun essaie ainsi de jalonner le cours des siècles à sa mesure. C'est ce qui construit une Société.

La maison du frère de Claude Lejeal est la première qu'on rencontre en descendant de Rosé, dans le virage, juste à l'entrée du lieu-dit La Sauteure.

Les frères Lejeal ne sont pas commodes, ils sont soudés comme les doigts de la main et gare à celui qui déplaît à l'un ou l'autre. Claude, surtout lui, est un «  paquet de nerfs » toujours prêt à prendre la mouche. Pas très grand, à peine 1m68, mais ses yeux gris perçants reflètent un personnage vif et querelleur. On le craint un peu.

Le soir, lors de couarôges entre voisins, le nom des Lejeal revient souvent au sujet de querelles ou bagarres. Cette réunion fréquente c'est la «  veillée », on bavarde en cassant des noix, des noisettes, en mangeant tarte ou gâteau, en vidant quelques verres de goutte, au poêle. Les femmes brodent ou tricotent, les hommes tressent des corbeilles ou paniers de saule, les enfants jouent, les plus grands en sont aux amourettes et bien des couples se sont formés au cours de ces veillées.

Claude Lejeal a pris l'habitude de fréquenter les débits de boisson et ses colères sous l'emprise de l'alcool sont monnaie courante et il est devenu indésirable et craint.

Les cabarets et les auberges sont les rares lieux de distraction pour oublier les peines d'une journée harassante, mais, celui qui se laisse aller à des excès d'alcool n'envisage pas toujours les risques encourus : santé, caractère et la famille qui en paie les frais ! L'alcoolique devient parfois agressif et cela peut avoir des conséquences dramatiques.

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14 janvier 2010 4 14 /01 /janvier /2010 02:56
 

Nous n'étions pas encore à l'ère industrielle dans la vallée de la Vologne et, si le textile allait par la suite y connaître des années florissantes, les usines étaient encore à des décennies de leur installation. La culture et l'élevage restaient les principales sources de revenu malgré la sévère crise agricole de 1811. Cette année-là, les récoltes sont désastreuses, les plus riches stockent le blé pour le revendre plus cher et le prix du pain s'en trouve multiplié par six: de deux sous la livre il passe aux alentours de douze sous. L'Etat doit aller jusqu'à ordonner des réquisitions exécutées par les gendarmes. Heureusement, l'année suivante verra une excellente récolte et, à l'automne 1812, la crise n'est déjà plus qu'un mauvais souvenir.

 

C'est donc en 1813 que le couple Lejeal s'installe en qualité de cultivateurs à Rosé. En langage du terroir le jal est un coq, de la racine «  gal », de «  gallinacé » , et on rencontre aussi les patronymes Legal et Lecoq dans les Vosges.

Claude Lejeal, c'est le nom du mari, est né à Maillegoutte ( une goutte est une source ), un lieu-dit du hameau de Barbey-Seroux, en 1787, de Jean André Lejeal et Jeanne Michel. Si son arrière grand-père Nicolas Lejeal était de la région de Corcieux, il s'était installé à Granges en 1703, en y épousant une Graingeaude, Barbe Noël, le 11 février de la même année. Ils eurent un fils, Nicolas également, marié aussi à Granges en 1730.

Claude a un frère, Joseph, avec qui il s'entend parfaitement.

Chez les Lejeal, chacun garde en mémoire la fin tragique de la petite Barbe Lejeal, née à Barbey-Seroux le 5 mars 1745, petite-fille du cousin du grand-père Nicolas, et dont les circonstances pénibles du décès sont pour toujours inscrites sur le registre paroissial de Granges :

 

«  L'an mil sept cent soixante trois, le vingt septième de septembre sur les six heures du soir, Barbe Lejal, fille de Claude Lejal et Marie Madeleine Martin, a été enlevée par un loup en gardant du bétail à la distance de dix pieds de la métairie de la Cire au Soleil ( Seroux ) et a été dévorée cruellement incontinent après, âgée de huit ans et demy; après une recherche exacte on a trouvé quelques restes de son corps comme le coeur, le foyes, les boyaux, les roignons et quelques extrémités des doigts … »

 

Cet épisode tragique est traditionnellement répété dans la famille Lejal,on n'oublie pas un tel drame !

Les loups avaient pourtant fait l'objet de chasses depuis longtemps car ils dévoraient les bêtes des paysans et on n'en rencontrait plus beaucoup à la fin du 18 ème siècle bien qu'à l'époque de notre histoire, le premier quart du 19 ème siècle, on en tue encore dans le massif vosgien de temps à autre. Quant à celui qui dévora la petite Barbe Lejal, on ne peut pas attribuer son comportement à la famine car au mois de septembre on est encore loin des rigueurs de l'hiver ...

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13 janvier 2010 3 13 /01 /janvier /2010 04:15
 

Les affaires allaient bien pour les Baradel et l'argent ne leur faisait pas défaut. Ils avaient dû louer des pâturages communaux pour agrandir leur cheptel. L'an dernier, en 1819, Laurent avait même soumissionné l'achat à la commune d'un terrain de 21 ares 38. Le 15 novembre, le maire, Villaumé, et ses conseillers, Jean Jeorges Claudel, Marc Babel, Jean Sébastien Claudel, Georges Michel, Philippe, Etienne Didier et Jean–Baptiste Michel, avaient signé l'accord. Le 19 décembre suivant c'était le sous–préfet de Saint–Dié qui l'entérinait et enfin la préfecture d'Epinal le 18 janvier 1820. La soumission avait été faite dans le délai prescrit par l'article 2 de l'ordonnance du 23 juin 1819 et publiée, avec d'autres, à l'issue de la messe paroissiale des dimanches 15 août, 22 août et 29 août 1819. Tout avait donc été fait dans les règles et, après l'évaluation des experts, Laurent Baradel avait dû acquitter la somme de vingt cinq francs et soixante centimes pour l'achat définitif de ce terrain.

 

L'autre jour, qu'il avait rencontré Prince, un des gardes–champêtres de Granges, celui-ci lui avait dit toucher, comme ses quatre autres collègues, Gérard, Perrin, Balland et Levaudel, un traitement annuel de vingt quatre francs !

 

Un autre jour, à la forge de Claudel, il avait bavardé avec Greffin, le greffier de la mairie et, au cours de la conversation, lui avait demandé :

  • Dis–moi, Greffin, tu fournis le local à usage de mairie, mais t'en trouves–tu dédommagé au moins ?

  • Bien sûr, je touche pour cela vingt quatre francs annuels. Mais ce n'est pas tout, je fournis aussi le bois, la lumière, l'encre, les plumes et tous les objets de bureau pour la mairie et je touche encore trente francs.

  • C'est bien normal, ajouta Bastien, l'instituteur, qui venait d'entrer à la forge. Moi, pour l'entretien de l'horloge de la commune, on me verse quarante deux francs pour l'année et soixante douze francs d'indemnité de logement en attendant la rebâtisse de la maison d'école.

  • Cela arrondit vos gains, enchaîna Laurent.

  • J'ai un traitement annuel de cent cinquante six francs, avoua le greffier de mairie, et je vis convenablement. D'ailleurs, notre commune doit faire face à de nombreuses dépenses. Thomas a fait un tableau noir pour faciliter l'usage du calcul pour l'école des Evelines ( un hameau de Granges sur la route de Gérardmer ), il a reçu un franc et cinquante centimes. Mais cela n'est rien et la reconstruction du pont de Genazeville coûtera plus cher.

  • Ah oui, qui s'en occupe ?

  • C'est Lemarquis, le menuisier. Pour la charpente, l'assemblage et le sciage des madriers on a payé quarante francs le 3 juillet de cette année plus trente francs peu après.

  • Et la maison d'école ainsi que les réparations au presbytère, ne dit-on pas que c'est en cours ?

  • Oui, Monsieur le Préfet a donné son autorisation depuis le 27 octobre dernier. La quote-part de la commune devrait se monter à un peu plus de deux mille francs.

  • Eh bien, s'il faut en passer par là, c'est pour une bonne cause, l'argent est bien utilisé car l'instruction n'a pas de prix, elle est l'avenir ! Qui fait les travaux ?

  • Les entrepreneurs Georges Sébastien Georges, Jean Nicolas Lemarquis et Jean Joseph Pierrat.

  • Alors je suis confiant, ces gars–là font du bon travail !

 

Chacun se sépara, Laurent paya Claudel, le forgeron, et reprit le chemin du Pré Genêt puis celui de Tihaugoutte et de Rosé avant d'arriver à Herméfosse.

 

A Rosé, depuis quelques années, il passait devant la ferme d'un nouveau couple installé ici depuis 1813 : les Lejeal...

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12 janvier 2010 2 12 /01 /janvier /2010 03:37
 

Il grandissait le petit Baradel et, en 1813, il eut le bonheur d'avoir un petit frère que ses parents prénommèrent Dominique Victor. Certes, lorsqu'il serait en âge de jouer, lui n'en aurait plus souvent le loisir ni l'envie, car il aimait déjà courir derrière son père pour conduire les bêtes aux pâturages et apprendre les rudiments de son futur métier : cultivateur–éleveur, mais un frère cadet cela promet à coup sûr de merveilleux instants de complicité.

 

Hélas, la roue tourne et on ne se trouve pas toujours sur les meilleures cases désignées par le sort. Et celui–ci apporta un premier malheur au foyer Baradel : le petit Dominique Victor mourut de maladie à l'âge de trois ans, le 18 avril 1816. C'est le coeur brisé que Laurent, accompagné de Dominique Didier, le notaire, son ami et parrain du petit, alla déclarer le décès en la maison commune de Granges.

Les obsèques, au cimetière du village, furent très tristes et chacun se répétait que la mort d'un enfant est vraiment trop cruelle. Les parents et amis, tous réunis, parvinrent à consoler un peu Marguerite, Laurent et leur aîné, qui firent face à cette épreuve avec beaucoup de courage.

 

La vie reprit et la ferme rapportait bien, il est vrai que Laurent, qui pouvait maintenant embaucher des journaliers, y mettait tout son coeur. C'était un travailleur le grand Baradel et Marguerite n'était pas en reste, ni d'ailleurs leur fils qui, à seize ans, faisait sa part de travail. Il était devenu solide et il fallait le voir avaler la soupe de légumes et manger de bon appétit le succulent retirage ( plat complet constitué de porc, de lard, de pommes de terre et de chou essentiellement ) préparé par sa mère, qui avait toujours eu des talents de cordon bleu !

 

  • Allons fiston, je crois que ta mère nous attend; il est déjà midi au soleil...

  • Alors rentrons, j'ai une faim de loup !

  • Ohé maman ! Qu'est-ce que tu nous as mijoté de bon aujourd'hui ?

  • Un retirage, mes hommes, j'espère que vous êtes en appétit ?

  • Certes oui ! Il doit être fameux à en juger par l'odeur qui asticotait nos narines avant d'entrer !

  • Comme d'habitude gourmand... Avec les pommes de terre et les navets, j'ai ajouté des carottes et du chou et un bon morceau de cochon et de lard bien maigre. Mais avant, je dois retirer le bouillon et vous allez d'abord en manger une bonne assiette, c'est la soupe qui fait l'homme !

  • Et c'est la femme qui fait la soupe.............. ajouta son mari en riant.

 

Tous trois rirent de bon coeur et passèrent à table. Un gérômé, fromage du cru au lait de vache, qui est en fait la première étape du Munster fermier, qui, lui, est « passé », termina le repas. Souvent Margeuerite prenait même le temps de leur cuire une bonne tarte aux pommes, aux prunes ou aux brimbelles ( myrtilles ) quand on était en juillet. Brimbelles qu'on allait cueillir dans les forêts proches et, il en fallait «  une bonne affaire » pour réussir une bonne tarte ! Mais ses hommes le méritaient bien et c'est avec amour qu'elle cuisinait.

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11 janvier 2010 1 11 /01 /janvier /2010 00:47
 

 

Depuis ce jour – là, Laurent ne tenait plus en place, tel un enfant à qui on aurait promis une récompense. Dès la fin de l'automne et au commencement de l'hiver, quand il attelait ses boeufs pour aller en forêt faire du bois et qu'il empilait les quartiers de sapin et de hêtre, il ne pouvait s'empêcher d'imaginer le bon feu crépitant qui chaufferait le nouveau venu, son fils. Car, bien entendu, ce serait un garçon. Une fille , comme l'avait dit Marguerite, serait la bienvenue « tout pareil « , mais comment enseigner l'art du passe – partout et de la hache à une fille ?

- Et puis, allez, se dit Laurent, à quoi bon se torturer l'esprit avec des pensées inutiles, on verra bien le moment venu !

 

Et il vint ce moment, le 10 janvier 1804, Marguerite mit au monde un garçon qu'on s'empressa de faire baptiser à Granges : Laurent Baradel, quatrième du nom, était enfin arrivé. Quelle joie pour les parents ! L'heureux père ne tarissait pas d'éloges pour son rejeton :

  • Qu'il est beau, et il sera grand, comme son père, ça se voit déjà bien !

 

Et puis la vie continua, avec cependant un peu plus d'entrain encore. C'est vrai, la maison était tout ensoleillée de cet enfant, et la cense de Herméfosse avait l'air d'un paradis.

 

En ce début du XIX ème siècle, si la vie est dure à la campagne, elle offre au moins l'avantage du grand air, de l'espace et d'une tranquillité relative. Les artistes ne s'y sont pas trompés et le réalisme amène de nombreux peintres français à peindre la nature telle qu'elle est, à reproduire sur leurs toiles des paysages ne changeant qu'au fil des saisons.

On voyage en diligence et cela prend du temps, il faut changer fréquemment les chevaux. Dans une journée, une diligence ne parcourt guère que la distance aller – retour Granges – Epinal, soit environ 70 kilomètres.

Quant aux villes, surtout les grandes, comme Paris, la si lointaine capitale, les Graingeauds ont du mal à se les imaginer... On raconte que les rues y sont étroites, sales, très sombres et peu sûres la nuit. Les lanternes éclairent mal, elles sont garnies de lampes à huile qui s'éteignent au moindre coup de vent et l'installation de becs de gaz, gaz produit par du charbon de bois, a à peine commencé.

Tout compte fait on n'est pas si mal dans nos montagnes vosgiennes. Laurent le sait d'autant plus qu'un propriétaire, comme lui, vit avec plus d'aisance qu'un manoeuvre qui travaille à la tâche, ici et là. Marguerite et lui remercient la providence de leur être favorable et leur dévotion les pousse à faire ériger en 1810, à l'angle du chemin venant de La Chapelle et descendant vers Granges, en passant par le lieu-dit Rosé, et du chemin menant directement chez eux, un calvaire, une de ces croix latines qu'on nomme croix de chemins et qu'on rencontre un peu partout dans les campagnes, mais dont certaines ont été endommagées pendant la période révolutionnaire. Construite en grès, celle - ci ne diffère pas des autres : sculpté sur le croisillon un Christ crucifié, un fût pyramidal tronqué agrémenté de rosaces et fixé sur une base reposant sur deux grosses marches faites de dalles de grès, sur laquelle ils firent graver cette inscription sur deux de ses faces :

 

CETTE CROIX A ETE                                                                                                         DE LA MORT ET

ERIGE PAR LA PIETE DE                                                                                                     PASSION DE

LAURENT BARADEL ET                                                                                                      N.S. J CHRIST

DE M.TE MENGEOLLE SON

EPOUSE EN LHONNEUR

 

Ils étaient très fiers de leur croix qui se dressait majestueusement sur cette hauteur, en bordure d'un chemin passant, de Herméfosse à La Chiquerelle, sur le territoire de la commune de La Chapelle. De là, on rejoignait aisément Corcieux, par Mariémont et Vichibure.

- Quand tu passes devant, avait dit la maman à son petit garçon de six ans et demi, n'oublie pas de te découvrir et de faire ton signe de croix.

- Promis maman, je n'oublierai pas, avait répondu le petit Laurent.

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10 janvier 2010 7 10 /01 /janvier /2010 01:21
 

Agé de 61 ans, Laurent Baradel, le beau–père de Marguerite, lui avait dit :

  • Ma bru, mon fils et vous devriez songer maintenant à l'avenir, les enfants sont une joie pour des grands parents et les vôtres seraient un soleil pour Jeanne et moi. Et puis, je suis sûr que cela vous manque un peu, pas vrai ?

  • Oui, c'est le cas et j'ai prié pour que le Ciel nous fasse ce cadeau.

 

Comme son mari, Marguerite était très pieuse, et elle s'était recueillie plusieurs fois déjà à l'église lorsqu'elle descendait à Granges pour y faire quelques achats, rendre visite à sa belle famille ou lors de la messe dominicale, en espérant de tout son coeur que ses voeux seraient exaucés.

  • Priez, priez, c'est très bien, mais mon père, le pauvre vieux, disait toujours «  Aide – toi, le Ciel t'aidera !  » . Enfin... du moment que vous l'avez décidé, il n'y a pas de raison et cela ferait tellement plaisir à tout le monde, surtout à notre Laurent !

 

Mais le Ciel et la Nature sont parfois capricieux et ce ne fut qu'au cours du printemps de l'année suivante qu'un soir, après les ouvrages et que Laurent avait bien peiné à labourer un champ, que sa femme lui annonça :

  • Cette fois j'en suis sûre, je suis enceinte. Alors.... tu ne dis rien ?

 

Laurent avait été un instant trop ému pour pouvoir répondre. Il laissa alors éclater sa joie en prenant Marguerite dans ses bras, en la serrant contre lui, trop fort même.

  • Je dis que tu es la plus merveilleuse des épouses et que, du coup, je ne sens même plus la fatigue de ma journée. Mes mains ont oublié la charrue. Mais, dis donc, dans ton état, il faut te reposer, prends une chaise, que faut–il que je fasse ?

  • Rien du tout grand fou, ce n'est pas une maladie !

  • Tout de même, il va falloir te ménager, on demandera à maman de venir t'aider un peu.

  • Je n'en suis pas encore là, et puis, je m'ennuierais à regarder les autres faire mon ménage ou mes besognes.

  • C'est comme tu voudras ma petite femme chérie, mais fais tout de même attention......que tout se passe bien pour toi et le petit.

 

Laurent avait sans doute un peu raison car, à cette époque, tant de décès en couches de la mère et de l'enfant se voyaient si souvent !

  • Bon, je te laisse un moment, je cours annoncer la nouvelle chez le grand Colas.

  • C'est ça, va, et reviens vite.

 

Le grand Colas, c'était Nicolas Ferry, un ami et voisin, qui habitait non loin du Haut de Herméfosse, à la cense du Pré du Lait, sur la commune de La Chapelle ( aujourd'hui La Chapelle devant Bruyères ). Pour se rendre chez lui, il n'y avait pas un kilomètre à travers champs.. On l'appelait le grand Colas car, tout comme Laurent d'ailleurs, c'était un grand gaillard, d'une taille au-dessus de la moyenne de l'époque. Laurent fut vite rendu chez lui :

  • Tiens, le grand Baradel, qu'est–ce qui t'amène à cette heure ? Tu n'as pas d'ennui avec une de tes bêtes au moins ?

  • Mais non, salut Colas, c'est tout le contraire d'un ennui et tu es le premier à savoir que je vais être papa !

  • Non, alors ça, ça s'arrose ! Entre donc on a justement fini les ouvrages.

 

La femme de Nicolas Ferry leur servit la goutte ( eau de vie de mirabelle ) au poêle. Tous deux n'étaient pas des buveurs, elle le savait bien, mais une telle nouvelle valait bien un petit verre de goutte.

Tout joyeux, Laurent raconta. Il exultait.

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9 janvier 2010 6 09 /01 /janvier /2010 04:09
 

Le mariage eut lieu le 5 juin 1797 à huit heures du matin, par devant Jean Nicolas Lemarquis, agent municipal :

  • Laurent Baradel, 18 ans, né aux Paires, en cette commune, le 5 septembre 1779, fils de Laurent Baradel, 56 ans, ici présent et consentant, et de Jeanne Marguerite Claudel, acceptez – vous pour épouse Marguerite Mengeolle, 24 ans, née à la cense de Herméfosse, aussi en cette commune, le 3 mai 1773, fille de Jean Mengeolle, 67 ans, ici présent et consentant, et de Marie Anne Lecomte ?

 

Le OUI avait été franc et bref, comme celui de Marguerite peu après. Après les nouveaux époux et les nouveaux beaux – pères, les témoins avaient signé. Il y avait là Jean Lecomte, 55 ans, l'oncle maternel de Marguerite, Jean Nicolas Lemarquis, 26 ans, un ami, le citoyen Jean Joseph Malbrun, commissaire du Directoire exécutif près l'administration de Granges, âgé de 51 ans, et Pierre Claude François Henry, receveur de la Régie du droit d'enregistrement et du domaine national, âgé de 28 ans, tous deux amis des mariés.

 

On se dirigea ensuite vers l'église avant d'assister au banquet. On avait festoyé, dansé et bien ri, Chacun s'en doutait mais Jean Mengeolle n'y était pas allé par quatre chemins ( ! ) :

  • Mon gendre, j'ai déjà de l'âge, mes bras n'ont plus la vigueur d'autrefois....

  • Allons, allons, Jean, on sait bien que vous êtes un solide gaillard !

  • Peut – être bien, mais malgré tout je vais avoir besoin d'aide et la cense de Herméfosse d'un nouveau propriétaire, c'est une bonne terre et je suis sûr que ma fille et son mari s'en chargeront très bien …

C'est ainsi que, quelque temps plus tard, Laurent devint le nouveau propriétaire de la ferme Mengeolle du Haut de Herméfosse. Il s'en accommoda parfaitement, ne négligeait rien et prospérait, tout allait pour le mieux.

 

Pourtant, le 28 janvier 1802, lorsque mourut Laurent Baradel, premier du nom, son grand – père,à l'âge avancé de 84 ans et 5 mois, il devint évident qu'un rouage venait de se briser, qu'une place était vacante et qu'un petit Laurent, quatrième du nom, serait le bienvenu. Au début de leur union, Marguerite et Laurent avaient trop à faire à la ferme pour songer à leur descendance et laurent n'avait que dix huit ans. En outre, ils pensaient tous les deux être mieux en mesure d'élever des enfants lorsqu'ils auraient un peu de bien au soleil, comme on dit, car il fallait aussi leur assurer une vie confortable et un avenir sûr. Mais aujourd'hui, lui allait sur sa 23 ème année, elle sur sa 29ème et ils étaient propriétaires d'une ferme qui leur permettait de vivre très décemment...

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