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15 janvier 2010 5 15 /01 /janvier /2010 00:03
 

Lorsque, le 21 avril 1813, Claude Lejeal épouse à Granges Marie-Thérèse Georgel, il a 26 ans, elle 23 et elle vient de perdre sa mère, née Marie Vallance, le 21 janvier précédent. Son père, Joseph Georgel, est décédé à l'âge de48 ans le 22 décembre 1797. Marie-Thérèse a un frère aîné, Jean Joseph, qui a épousé Marie Françoise Clément, de Corcieux, et qui vit à La Chapelle; il a un fils de 3 ans ½ : Jean François. Elle a aussi 2 soeurs, Marguerite et Catherine, la cadette, qui vivra avec eux à Rosé. Leur ferme se trouve à l'angle du chemin de Tihaugoutte à Herméfosse et de celui qui descend à la Sauteure.

Comme toutes les femmes de sa condition, elle participe aux travaux de la ferme et s'occupe aussi avec Catherine d'un potager exposé au sud. Celle–ci l'aide aussi à la basse-cour, s'occupe des poules, ramasse les oeufs et s'acquitte de quelques tâches ménagères; ayant la chance de vivre sous le même toit, elle estime devoir participer aux frais de cette façon.

Malgré le travail, les journées sont longues pour une jeune fille et c'est avec plaisir qu'elle accueille les colporteurs qui passent parfois dans les fermes offrir leur marchandise : images pieuses ou autres, imprimés variés, et un tas de petits objets de première nécessité ou complètement inutiles mais qui agrémentent la vie... De plus, on aime écouter les nouvelles qu'ils rapportent de leurs pérégrinations à travers les provinces, ils sont souvent de gais lurons qui chantent et égaient les maisons mais aussi des rétameurs, aiguiseurs, cordonniers ou médecins charlatans. Enfin, leur arrivée est l'occasion de rompre la monotonie et on les héberge dans le grenier à foin en leur offrant le couvert. Ce sont la plupart du temps de pauvres hères qui s'usent sur les chemins de France, tentant de vaincre leur mauvaise fortune, des vagabonds, des exclus du bonheur qui restent parfois des années loin de leurs villages. On prête à certains une mauvaise réputation mais ils ne sont pas la majorité et, malgré la méfiance naturelle des montagnards, les Graingeauds leur font plutôt bon accueil. Catherine Georgel trouve même dans le ballot de l'un d'eux de quoi faire un cadeau à sa soeur aînée qui attend son premier !

C'est une fille le premier enfant des Lejeal, Marie Catherine, du prénom de sa marraine, qui naît à Rosé le 14 février 1814. Claude va déclarer sa naissance en la maison commune de Granges et il réitérera son geste le 18 avril 1817 pour l'arrivée de Jean Nicolas et le 1er mars 1821 pour Joseph qui reçoit le prénom de son frère, parrain du nouveau -né.

Joseph Lejeal est marié également et il a fait construire sa ferme en 1820 juste en bas de Rosé à La Sauteure. Il a fait graver la date de 1820, son nom et celui de son épouse, Marie Barbe Froitier, au-dessus de la porte d'entrée, ainsi il espère passer à la postérité. Nombreux sont ceux qui ont fait de même et on peut penser que c'est une manière de survivre au temps ou de laisser une trace... N'est-ce pas de tous temps une des préoccupations premières des Hommes ? En transmettant un nom, un prénom, une oeuvre, chacun essaie ainsi de jalonner le cours des siècles à sa mesure. C'est ce qui construit une Société.

La maison du frère de Claude Lejeal est la première qu'on rencontre en descendant de Rosé, dans le virage, juste à l'entrée du lieu-dit La Sauteure.

Les frères Lejeal ne sont pas commodes, ils sont soudés comme les doigts de la main et gare à celui qui déplaît à l'un ou l'autre. Claude, surtout lui, est un «  paquet de nerfs » toujours prêt à prendre la mouche. Pas très grand, à peine 1m68, mais ses yeux gris perçants reflètent un personnage vif et querelleur. On le craint un peu.

Le soir, lors de couarôges entre voisins, le nom des Lejeal revient souvent au sujet de querelles ou bagarres. Cette réunion fréquente c'est la «  veillée », on bavarde en cassant des noix, des noisettes, en mangeant tarte ou gâteau, en vidant quelques verres de goutte, au poêle. Les femmes brodent ou tricotent, les hommes tressent des corbeilles ou paniers de saule, les enfants jouent, les plus grands en sont aux amourettes et bien des couples se sont formés au cours de ces veillées.

Claude Lejeal a pris l'habitude de fréquenter les débits de boisson et ses colères sous l'emprise de l'alcool sont monnaie courante et il est devenu indésirable et craint.

Les cabarets et les auberges sont les rares lieux de distraction pour oublier les peines d'une journée harassante, mais, celui qui se laisse aller à des excès d'alcool n'envisage pas toujours les risques encourus : santé, caractère et la famille qui en paie les frais ! L'alcoolique devient parfois agressif et cela peut avoir des conséquences dramatiques.

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commentaires

Domm 16/01/2010 20:28


oulala, je le sens pas du tout ce Claude Lejeal, mais pas du tout!!!!
A tout'


Vosgien 16/01/2010 22:23


Personne ne le sentait à cette époque ! Et si on devait le rencontrer aujourd'hui, mieux vaudrait sans doute l'éviter !
A tout' vapeur ! Lol !


Nettoue 16/01/2010 16:55


Les alcooliques ne s'amusent pas à l'être. Ils n'amusent personne non plus. L'accol immodéré reste un fléau. Merci de cette lecture
Bon dimanche à toi
Bises Claude
Nettoue


Vosgien 16/01/2010 22:31


Bon dimanche à toi aussi
Bises
Claude


zebu32 15/01/2010 10:49


Ouh là là, mais c'est bien aussi tordu que je le pensais ! S'il y a beaucoup de protagonistes à ton histoire, va falloir mettre en note qque part une petite généaolgie pour les petites têtes comme
moi qui ont du mal à mettre les bons parents avec les bons enfants (et je ne parle pas des aïeux et trisaïeux !!!). Bises


:0014:dom 15/01/2010 06:02



bon, ça y est, je commence à me perdre dans les noms et les liens de parenté ...
Je présume que l'alcoolique va faire une connerie ?
Bonne fin de semaine ! Bisoux






Vosgien 15/01/2010 08:03


Faut établir une généalogie en même temps ! Lol !
Bisous
Claude


zebu32 15/01/2010 03:54


Euh... je m'y perds un peu, ce matin : ce Claude Lejeal, c'est le même qu'hier ? Ou celui d'hier était-il le père mort à 48 ans ? Avec cette manie qu'ils ont de tous s'appeler pareil, ce n'est
pas évident ! Bises dubitatives...


Vosgien 15/01/2010 08:07


Oui, c'est bien ça le problème quand on fait de la généalogie : les mêmes prénoms reviennent très souvent dans les familles... Le Claude Lejeal d'aujourd'hui est celui qui intéresse l'histoire que
j'essaie de raconter, le Claude Lejal père de la petite dévorée par un loup était mort depuis longtemps, c'était juste pour l'anecdote.... ( si je peux appeler ça une anecdote !! )
Bises
Claude


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