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2 février 2010 2 02 /02 /février /2010 00:36
 

Marguerite s'éloigna, lasse, très lasse.......

Jean Georges Thiébaut, le domestique-pâtre âgé de 13 ans, fait la même déposition que les deux sabotiers et le juge écoute Marie Anne Froitier, 28 ans, qui réside chez son frère, François Dominique dit Francion, aubergiste :

  • Vous travaillez à l'auberge avec votre frère, n'est-ce pas ?

  • Oui, Monsieur le Juge, on a eu beaucoup de travail hier....et il a fallu qu'une dispute assez violente s'élève entre Baradel et Lejeal, mon frère a mis Lejeal dehors car il était menaçant.

On fait venir un des gardes-champêtres de Granges, Laurent François Pierre, qui a assisté à la querelle en mai au cabaret Morel :

  • Est-ce bien Claude Lejeal qui chercha noise ce jour-là ?

Convaincu de la culpabilité de Lejeal, le juge Febvrel, magistrat consciencieux, continua néanmoins ses audiences avec rigueur :

  • Je me nomme Marie Barbe Paxion, épouse Morel, cabaretière, j'ai 29 ans …

Son témoignage, corroborant celui du garde-champêtre, ajoute à la conviction du juge : la jalousie de Lejeal pourrait bien être à l'origine du meurtre. Ses reproches, injures et menaces en témoignent.

 

Mis hors de cause, Nicolas Ferry est relâché par Mr. Febvrel le même jour à cinq heures du soir. Heureux de regagner sa ferme du Pré du Lait, il reste cependant choqué par les évènements qu'il vient de vivre, bien involontairement, et c'est avec anxiété et tristesse qu'il repasse là où il vit mourir son ami, qui n'avait que 43 ans! Jamais il n'oublierait et il lui serait toujours pénible de passer par là.

 

Le jeudi 19 juin 1823, le juge Febvrel reprend ses auditions, toujours à la mairie de Granges :

  • Je me nomme Pierre François Lalouette, j'ai 35 ans et suis Garde général des Eaux et Forêts à Corcieux. Je me souviens très bien, il y a de cela quelques années, alors que je me trouvais avec Laurent Baradel, qu'il me fit remarquer Joseph et Claude Lejeal qui passaient.... Et il me dit « Voilà deux mauvais sujets que je crains et je ne voudrais pas m'en retourner la nuit, seul, chez moi ils seraient capables de m'assassiner en chemin ! »

  • Déclaration prémonitoire, s'il en est ! Ce Lejeal aura fort à faire pour se défendre de toute manière car les charges qui pèsent contre lui se précisent à chaque témoignage....

Après avoir remercié le garde, le juge entend le maire de La Chapelle, Jean Nicolas Noël, 51 ans, résidant exactement à Yvoux, même commune, qui rapporte les menaces proférées par Joseph Lejeal contre Baradel chez un cultivateur de sa commune, Nicolas François Perrin, en présence de son propre gendre, en mars de cette année.

Le déposant suivant est le Perrin en question qui relate les mêmes évènements et comment ils ont dû maîtriser Joseph Lejeal pour l'empêcher de se jeter sur Laurent Baradel.

Marie Anne Demangeon, épouse Perrin, de Rosé, âgée de 46 ans, raconte le retour de la foire quand Jean-Baptiste Didier et Claude Lejeal les rejoignirent, qu'il ne fut pas question de Baradel pendant le trajet et que Lejeal insistait pour que Didier, son beau-frère, l'accompagne chez lui.

  • Vous êtes affirmative lorsque vous dites que Didier ne voulait pas l'accompagner et qu'il s'est laissé entraîner, pour ainsi dire « malgré lui », chez son beau-frère, Lejeal ?

  • Oui, Monsieur le Juge, je le crois. Je les ai laissés alors que Didier faisait encore des efforts pour se séparer de Lejeal. Je n'ai pas entendu la suite, je me hâtais de rentrer, avec ma fille et mon fils, pour aller faire la soupe. ( notons que « la soupe » peut être un repas divers )

Nicolas Georges, son fils, confirme ses dires, il n'a rien de plus à ajouter.

Le 19 ème témoin auditionné par Febvrel est Jean Nicolas Villaume, de Rosé, qui renforce la conviction du juge en assurant avoir entendu la dispute devant chez Lejeal, prouvant que Lejeal, comme Didier, mentent incontestablement et il interroge Didier à nouveau les jours suivants à la maison d'arrêt de Saint-Dié :

  • Ecoutez, Didier, j'ai acquis la certitude que vous n'êtes pour rien, sauf témoin, dans cette triste affaire.... Mais votre silence et vos dénégations vous rendent complice de votre beau-frère, le faux témoignage est sévèrement puni par la Justice et je vous conseille de parler tant qu'il en est encore temps ! Après, votre situation sera compromise …........

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commentaires

pilorget sylviane 02/02/2010 20:27


Suspense,suspense...la chute de l'histoire ne parait pas si evidente...
BISES à toi  !
SYLVIANE


Vosgien 02/02/2010 20:41


pas si évidente, tu as raison.
Bises à toi aussi
Claude


Domm 02/02/2010 19:27


L'affaire serait-elle déjà entendue????
Bonne soirée Claude


Vosgien 02/02/2010 19:33



Pas vraiment.....
Bonne soirée Dominique
Claude



Nettoue 02/02/2010 17:06


Le choix n'est pas simple c'est sur. Que va-t-il décider ?
A demain Claude
Je t'embrasse
Nettoue


Vosgien 02/02/2010 17:16


A demain Nettoue
Bises et bonne soirée
Claude


zebu32 02/02/2010 12:44


C'est vrai, tu as raison. Ca me fait penser aux rideaux qu'on voit brusquement se refermer quand on passe devant une vieille bâtisse en campagne...


Vosgien 02/02/2010 13:16


Exactement ! ! Et ça vaut encore aujourd'hui ( moins tout de même ! )


zebu32 02/02/2010 11:25


Finalement, on se demande pourquoi il y a eu de faux témoignages. Pas dessous de table ? Oua lors une grosse frousse de Lejeal ? Bises et bonne journée !


Vosgien 02/02/2010 12:26


Je crois que personne n'aimait parler dans ces cas-là, d'autant plus à la campagne et en zone de montagne : les bouches se ferment ....
bonne journée à toi, bisous
Claude


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  • : Je vous propose de lire chaque jour ( si possible pour moi ) une page d'un roman que j'ai écrit après avoir découvert au hasard d'une promenade et lu sur une croix ( ou calvaire ) de chemin qu'un meutre avait été commis au 19 ème siècle à cet endroit..... J'ai voulu en savoir plus....
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