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7 janvier 2010 4 07 /01 /janvier /2010 06:12
 

Laurent Baradel était né à Granges, dans la ferme familiale, aux Paires, le 5 septembre 1779, Il portait le même prénom que son père et son grand – père qui était déjà laboureur à Granges, tout comme le trisaïeul Claude François Baradel,

 

Le père de Laurent avait épousé sa mère, Jeanne Marguerite Claudel, dans la petite église de Champdray, pas très loin, là – haut, sur le plateau, à plus de 700 mètres d'altitude, où la bise ( vent du Nord – Est ) hivernale est aussi glaciale que le soleil est chaud lorsqu'il tape dur en été. Les épousailles avaient eu lieu un 6 octobre, en 1767, déjà un an que la terre de Lorraine était revenue au Roi de France Louis XV, après la mort de son beau père, le bon Duc Stanislas, aimé des Lorrains.

 

Les Paires, c'est un lieu – dit proche du centre, dans la direction de Barbey – Seroux et du col des Arrentès. De là, à près de 700 mètres, on descend sur le chef – lieu du canton : Corcieux. L'église est à quelques centaines de mètres de la ferme Baradel et c'est là qu'on l'avait baptisé, lui, Laurent, troisième du nom, et c'est là qu'il pensait bien faire baptiser un jour son propre enfant qui porterait, c'était devenu une tradition, le prénom de ses aïeux.

 

Laurent avait grandi ici, y était allé à l'école, élève plutôt brillant dont la belle écriture faisait l'orgueil de ses parents. Puis il avait tout naturellement emboîté le pas à son père dans les tâches agricoles. On se consacrait à l'élevage bovin et, après le regain d'été, les vastes greniers sentaient bon le foin qu'on avait rentré et déchargé à la fourche, debout sur les charrettes pleines de la bonne herbe sèche. Cela faisait les bras ! Couper l'herbe à la faux était aussi un travail éreintant et il fallait se lever tôt pour être aux prés dès que cinq heures sonnaient au clocher. On emportait la    « moronde « ( casse – croûte ) et on mangeait assis à l'ombre d'une haie, pas de temps perdu ! Rien n'était facile alors mais on était heureux et fier quand tout était fané et prêt à être engrangé sans avoir pris la pluie. Et il faut bien dire que la fenaison est la condition vitale pour passer l'hiver sereinement.

 

Bien sûr, on avait quelques champs de blé, il fallait bien un peu de farine, et aussi quelques champs de pommes de terre qu'on arrachait dès la mi-septembre. Toute la famille participait mais les champs paraissaient bien longs quand on relevait la tête... Pourtant, les sacs en toile de jute remplis des précieux tubercules puis la cave emplie de la bonne odeur des «  patates «  faisaient oublier la sueur, les ampoules aux mains et le dos douloureux.

 

Dans la ferme, on entre par une étroite porte basse au-dessus de laquelle sont souvent gravés les noms ou initiales des bâtisseurs et qui donne directement sur la grange où on décharge les récoltes. Une porte cochère accède évidemment aussi à la grange bordée d'un côté par l'étable et de l'autre par les pièces habitables : la cuisine avec sa pierre à eau en grès, le poêle, lieu de réunion entre parents ou voisins pour le «  couarôge «  ( pour parler...), la chambre de devant ou de derrière et une autre accessible par un escalier de bois, le tout dominé par le grenier à foin bourré jusqu'au faîte. On jette le foin dans la grange pour le distribuer au bétail par des mangeoires parfois munies d'ouvertures à glissières en bois. Les bêtes passent au moins six mois à l'étable à cause des conditions climatiques, c'est dire qu'il vaut mieux être prévoyant ! La chaleur du bétail et le foin qui isole très bien en recouvrant le rang des bêtes, celui des gens et même en partie la grange grâce à une plateforme surélevée, font qu'on vit confortablement au chaud à l'intérieur des maisons paysannes graingeaudes.

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commentaires

Michèle 29/06/2010 18:24



"la cuisine avec sa pierre à eau en grès" Je n'avais jamais vu de "pierre à eau" dans une cuisine et ma venue dans les vosges me l'a fait découvrir. Il me semble en avoir vu dans une demeure de
LA CHAPELLE ancienne ferme. C'est bien ce qu'on appelle maintenant un évier tout simplement ?


Bisous Amitiémimi



Vosgien 29/06/2010 19:05



Absolument. Et certaines personnes possédant des fermes rénovées ont parfois gardé cette pierre à eau en grès, je pense qu'il en reste encore un certain nombre non négligeable.


Bisous


Claude



Nettoue 11/01/2010 16:38


Je commence la lecture par le n°1). j'aime bien faire les choses, ami Vosgien. Je suis ravie que tu te sois joins à notre communauté de blogueurs
A demain je viendrai pour la suite et tacherai de te rejoindre là où tu es déjà.
Amicalement à toi
Nettoue


Vosgien 07/01/2010 19:40


Merci Sylviane, bisous
Claude


Pilorget Sylviane 07/01/2010 18:04


Bravo ! Je suis séduite par ce début d'histoire et par le "ton" et l'ambiance venue tout droit des Vosges chères à ton coeur !! J'attends de lire la suite ..
Je t'embrasse .
Sylviane


Vosgien 07/01/2010 15:09


Ma chère Caennaise, comme je te l'ai dit ce matin, l'expression typiquement vosgienne " Mon ", accentuée, est ce qui reste de " Mon Dieu ! ". Heureux si tu retrouves plein de souvenirs agréables.
Bises
Claude


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