Lundi 18 janvier 2010 1 18 /01 /Jan /2010 00:38

 

Quant à la vie politique française, elle touche peu nos régions reculées. Néanmoins, on se souvient des jeunes qui participèrent aux guerres napoléoniennes un peu partout en Europe et dont beaucoup ne rentrèrent pas, tombés sur les champs de bataille d'Espagne, de Prusse, de Russie... Ils furent nombreux les Vosgiens qui combattirent pour l'Empire de Napoléon 1er. Toujours bons soldats, leur caractère tenace et combatif ici aussi faisait ses preuves.

Et puis, lorsque Louis XVIII, frère du roi guillotiné, fut remis sur le trône de France, on se dit ici que cela ne changerait pas grand-chose, hormis le fait de stopper le désastre engendré par les guerres impériales, et on abordait rarement les discussions au sujet de la République, de l'Empire ou de la restauration de la Monarchie. On subissait. Et on avait bien d'autres préoccupations avec la terre et les bêtes, les récoltes et les pâturages, le bois de chauffage ou de charpente, en un mot : vivre. Car c'était ça la préoccupation des paysans et elle n'avait pas changé et ne s'était pas atténuée avec les régimes successifs. Alors, à quoi bon palabrer à propos de choses qui nous dépassent et dont nous ne sommes que les jouets ? Tout se règle loin d'ici et on ne se soucie guère de nous autres. Louis XVIII, en cette année 1823, avait 68 ans. Qui le savait ? Le maître d'école et quelques autres ? Ce roi obèse et goutteux au point d'être incapable de monter à cheval seul et de marcher seul était loin de ressembler aux habitants de Granges et sa région, laborieux, vifs et durs à la tâche.

Non, vraiment, on avait ici d'autres priorités. La foire en était une et pas des moindres.

Le jour de la foire était le mardi, le troisième du mois. C'était l'occasion pour les gens des environs de faire une sortie plus souvent destinée à rencontrer des amis qu'on ne voyait pas tous les jours plutôt qu'à faire de gros achats. On n'était pas bien riche; les badauds flânaient devant l'étal de marchands venus de Gérardmer, Saint-Dié ou d'ailleurs et on voyait des groupes de 3, 4, 5 personnes, parfois davantage, occupés à causer, les mains bien enfoncées dans les poches profondes des pantalons de toile.

  • Alors, Batisse, comment va ton p'tiot ? Et ta femme, la Jeannon, l'accouchement s'est bien passé cette fois ?

  • Ca va mieux, mais la matrone et moi on a eu peur pour le gosse. J'ai bien cru qu'on allait revoir le malheur de l'an passé. Enfin, tout va bien maintenant.

  • Tant mieux, et chez toi, Colas, quoi de neuf ?

  • Une vache a vêlé la nuit dernière et je n'ai point fermé l'oeil, mais elle nous a donné un veau bien «  boliant » ( en pleine forme et santé ), et ça, ça s'arrose ! Vous venez ? Chez Morel ou chez Francion ?

  • Va pour chez Morel, on ira voir Francion plus tard !

  • Bien dit, Claudon, allons-y !

  • Salut Dominique, à boire pour tout le monde, on a le gosier sec !

  • Salut les amis, vous apportez le beau temps ? Demanda Dominique Morel, le cabaretier.

  • OH oui, c'est pour du beau, et ça va durer, mon rhumatisme ne me trompe jamais... Et Barbe, où se cache-t-elle ?

Barbe, c'était Marie Barbe Paxion, l'épouse de Dominique Morel. Elle avait 29 ans.

  • Où veux-tu qu'elle soit ? A la cave bien sûr ! Elle tire des chopines au tonneau, il en faut du vin avec tout ce monde que la foire nous amène....

  • De quoi te plains-tu ? Les affaires marchent !

  • Les vôtres n'iraient-elles pas comme vous voulez les gars ?

  • Si, mais, vois-tu, c'est un peu un jour gras l'autre maigre, c'est comme ça...

On parlait de tout et de rien mais on était heureux de se retrouver pour avoir des nouvelles de l'un ou l'autre, d'ici et là, ou simplement pour parler.

Mais la foire était aussi un prétexte pour ceux qui n'y voyaient qu'une occasion, presque justifiée, on fait la foire ( ! ), de s'enivrer une fois de plus et en commençant de bon matin pour quelques uns. Les poivrots déambulaient de cabaret en auberge et avaient toujours une bonne raison de lever le coude. Certains finissaient la journée ivres-morts dans un coin quelconque, d'autres parlaient et riaient bruyamment, quelques uns avaient «  le vin mauvais » et cherchaient querelle et, pour leur faire entendre raison, il fallait parfois leur rafraîchir les idées en les plongeant dans un bassin ! !

Par Vosgien
Ecrire un commentaire - Voir les 4 commentaires
Dimanche 17 janvier 2010 7 17 /01 /Jan /2010 03:45
 

Si on comprend la condamnation, on s'interroge sur l'utilité de telles pratiques issues d'un autre âge... Peut-on se réjouir du spectacle du malheur d'un homme, même coupable, et comment ne pas avoir de pitié ? La nature humaine serait-elle donc aussi dure qu'on veut bien le dire ? Espérons que non.

 

Cependant, le 12 juillet 1812, un coup de théâtre étonnant met en émoi toute la population de Jussarupt, Granges et les villages voisins:

  • Connaissez-vous la dernière du fin Georges ?

  • Non, mais il est en prison à Epinal, enfin avec un tel gaillard on peut s'attendre à tout, il n'a quand même pas tué un gardien ?

  • Non, mais il n'est plus en prison, il s'est évadé la nuit dernière !!

  • Pas possible... c'est une blague ?

  • Non, non, il s'est fait la belle avec ses fers aux pieds par-dessus le marché ! Dix autres détenus se sont enfuis en même temps que lui cette nuit...

  • Ca alors, pas étonnant qu'on l'ait surnommé le fin Georges !

 

En quelques jours ses dix compagnons de cavale sont repris mais le fin Georges court toujours ou plutôt il se terre quelque part. Il est passé maître à ce jeu-là. On apprend même en 1814, puis 2 ans plus tard, en 1816, la naissance de 2 autres enfants de Georges Gremillet et Marie Madeleine Clément son épouse, 2 files : Catherine et Marguerite, bien sûr déclarées sous le nom de Clément. L'acte de naissance de l'une d'elle porte mention de Georges qui «  a été condamné à une peine infamante ». Si, dans les chaumières, on doute un peu de la paternité du fin Georges, le connaissant bon nombre de villageois en sont malgré tout convaincus.

Et puis, le 6 mai 1817, c'est-à-dire 4 ans 10 mois et 5 jours après sa spectaculaire évasion de la maison d'arrêt d'Epinal, le fin Georges, repris, réintègre sa cellule après avoir donné du fil à retordre à ses poursuivants.

 

Alors, pour lui, la vie va changer d'aspect : il est transféré au bagne de Toulon peu de temps après. Quelles sont ses pensées, à 38 ans, au cours de ce long transfert ? Pense-t-il à sa famille ? A la distance qui va les séparer ? A ses jeux, enfant, sur les bords de la Vologne, à Lépanges ( aujourd'hui Lépanges sur Vologne ), village où il est né ?

Sans doute tout cela lui traversa-t-il l'esprit mais, probablement qu'en plus il se répète que cette triste nuit-là, il y a déjà plus de 6 ans, s'il n'avait pas bu.........

 

Georges Gremillet, condamné à 20 ans de travaux forcés en 1817, mourra au bagne de Toulon, à «  l'hospice des chiourmes », le 17 août 1830, à 51 ans, 7 ans avant sa libération. Les dures conditions de vie au bagne , travaux, punitions, ont certainement emporté celui qu'on croyait indestructible tant il était fort et rusé...

Par Vosgien
Ecrire un commentaire - Voir les 4 commentaires
Samedi 16 janvier 2010 6 16 /01 /Jan /2010 04:22
 

Les Graingeauds avaient eu déjà eu un écho des méfaits de l'alcool :

Cela se passait chez Francion, autrement dit François Dominique Froitier, un cabaretier de Granges, le jour où des jeunes de Jussarupt, village voisin, avaient raconté le drame du 13 janvier 1811 :

  • Avez-vous eu vent de la dispute de la nuit dernière par chez nous ?

  • Non, que s'est-il passé, c'est grave ?

  • Un peu, raconte-leur Jean.

Et le dénommé Jean s'était exécuté après avoir avalé un peu de vin :

  • Eh bien, il paraît qu'hier, Georges Gremillet et son beau-frère Thomas Martin, de notre village, étaient allés à la pêche de nuit...

  • Comment ça de nuit ? Avait demandé un non-initié.

  • Oh, la technique est simple, Georges emporte un fossoir ( houe ) pour mettre à sec des portions de ruisseau et ils n'ont qu'à se baisser pour ramasser le poisson !

  • Gare aux gardes s'ils se font prendre....

  • Laisse-le donc parler, Francion, car jusqu'ici il n'y a pas de quoi fouetter un chat ! Avait ajouté un « dur »

  • Sûr, mais, en revenant, ils sont entrés avec Nicolas Pentecôte, de Laveline ( aujourd'hui Laveline devant Bruyères ), chez son frère Dominique Pentecôte qui tient une auberge à Laveline...

  • Et alors ?

  • Ben, là, ils ont dû boire beaucoup, vin, goutte, est-ce que je sais moi ?? Toujours est-il qu'ils sont ressortis à 3 heures du matin , bien éméchés !

  • Et c'est là qu'une dispute a éclaté ?

  • Oui, Georges Gremillet et Nicolas Pentecôte se sont fâchés, je ne sais pourquoi, et georges a fendu le crâne de Pentecôte d'un coup de fossoir !

  • Non, et il est...

  • Mort ? Non, mais il n'en vaut guère mieux...

Cette nouvelle avait laissé tout ce monde perplexe, tous plus enclins aux rigolades qu'aux bagarres.

Quelques jours passèrent et, le 25 janvier, on appris la nouvelle de la mort de l'infortuné Pentecôte. Les nouvelles vont alors bon train et on commente chez Francion :

  • Ce sont deux médecins de Bruyères, Jean-Baptiste Mougeot et Claude Thiébaut, qui ont fait le constat et, vu la blessure, la culpabilité de Gremillet ne fait aucun doute.

  • Il a été arrêté ?

  • Non, le fin Georges, comme ils l'appellent à Jussarupt, a senti que les choses tournaient mal et il a disparu. Personne ne sait où il est, c'est un malin, alors pour le retrouver...

  • C'est vrai, dit un autre consommateur, Nicolas Boileau, un gendarme de Bruyères, est venu pour l'arrêter, en compagnie de Jean-Baptiste Aubry et Jean-Baptiste Gremillet, les brigadiers forestiers de Beauménil ( autre village ) mais ne l'ont pas trouvé chez lui. On dit que Marguerite, sa femme, lui a conseillé de s'enfuir... D'ailleurs elle ne s'en cache pas !

Georges Gremillet, alors âgé de 32 ans, est condamné, par contumace, le 22 avril 1811, par la Cour d'Assises des Vosges, siégeant à Epinal. On dispose de peu de moyens pour mettre la main sur un fuyard tel que Georges Gremillet, rusé et connaissant la région comme sa poche, même le plus profond des forêts, et les gendarmes n'ont guère de chance d'appréhender le prévenu. Pourtant, le 12 novembre suivant, sans doute fatigué à l'approche de l'hiver, après s'être caché on ne sait où, le fin Georges se constitue prisonnier à Epinal. Il affirme : «  Je suis las d'être dans l'incertitude au sujet de la condamnation portée contre moi... »

Evidemment, il est rejugé par la Cour d'Assises vosgienne et se voit condamné, à l'unanimité des jurés, le 4 mars 1812, à 20 ans de fers. Il doit aussi payer les frais de son procès.

Le 8 mars suivant, à Epinal, Georges est exposé pendant 6 longues heures sur la Place des Vosges, attaché à un poteau, la tête surmontée d'une pancarte portant son nom, sa profession, sa condamnation et la raison de celle-ci.

Par Vosgien
Ecrire un commentaire - Voir les 2 commentaires
Vendredi 15 janvier 2010 5 15 /01 /Jan /2010 00:03
 

Lorsque, le 21 avril 1813, Claude Lejeal épouse à Granges Marie-Thérèse Georgel, il a 26 ans, elle 23 et elle vient de perdre sa mère, née Marie Vallance, le 21 janvier précédent. Son père, Joseph Georgel, est décédé à l'âge de48 ans le 22 décembre 1797. Marie-Thérèse a un frère aîné, Jean Joseph, qui a épousé Marie Françoise Clément, de Corcieux, et qui vit à La Chapelle; il a un fils de 3 ans ½ : Jean François. Elle a aussi 2 soeurs, Marguerite et Catherine, la cadette, qui vivra avec eux à Rosé. Leur ferme se trouve à l'angle du chemin de Tihaugoutte à Herméfosse et de celui qui descend à la Sauteure.

Comme toutes les femmes de sa condition, elle participe aux travaux de la ferme et s'occupe aussi avec Catherine d'un potager exposé au sud. Celle–ci l'aide aussi à la basse-cour, s'occupe des poules, ramasse les oeufs et s'acquitte de quelques tâches ménagères; ayant la chance de vivre sous le même toit, elle estime devoir participer aux frais de cette façon.

Malgré le travail, les journées sont longues pour une jeune fille et c'est avec plaisir qu'elle accueille les colporteurs qui passent parfois dans les fermes offrir leur marchandise : images pieuses ou autres, imprimés variés, et un tas de petits objets de première nécessité ou complètement inutiles mais qui agrémentent la vie... De plus, on aime écouter les nouvelles qu'ils rapportent de leurs pérégrinations à travers les provinces, ils sont souvent de gais lurons qui chantent et égaient les maisons mais aussi des rétameurs, aiguiseurs, cordonniers ou médecins charlatans. Enfin, leur arrivée est l'occasion de rompre la monotonie et on les héberge dans le grenier à foin en leur offrant le couvert. Ce sont la plupart du temps de pauvres hères qui s'usent sur les chemins de France, tentant de vaincre leur mauvaise fortune, des vagabonds, des exclus du bonheur qui restent parfois des années loin de leurs villages. On prête à certains une mauvaise réputation mais ils ne sont pas la majorité et, malgré la méfiance naturelle des montagnards, les Graingeauds leur font plutôt bon accueil. Catherine Georgel trouve même dans le ballot de l'un d'eux de quoi faire un cadeau à sa soeur aînée qui attend son premier !

C'est une fille le premier enfant des Lejeal, Marie Catherine, du prénom de sa marraine, qui naît à Rosé le 14 février 1814. Claude va déclarer sa naissance en la maison commune de Granges et il réitérera son geste le 18 avril 1817 pour l'arrivée de Jean Nicolas et le 1er mars 1821 pour Joseph qui reçoit le prénom de son frère, parrain du nouveau -né.

Joseph Lejeal est marié également et il a fait construire sa ferme en 1820 juste en bas de Rosé à La Sauteure. Il a fait graver la date de 1820, son nom et celui de son épouse, Marie Barbe Froitier, au-dessus de la porte d'entrée, ainsi il espère passer à la postérité. Nombreux sont ceux qui ont fait de même et on peut penser que c'est une manière de survivre au temps ou de laisser une trace... N'est-ce pas de tous temps une des préoccupations premières des Hommes ? En transmettant un nom, un prénom, une oeuvre, chacun essaie ainsi de jalonner le cours des siècles à sa mesure. C'est ce qui construit une Société.

La maison du frère de Claude Lejeal est la première qu'on rencontre en descendant de Rosé, dans le virage, juste à l'entrée du lieu-dit La Sauteure.

Les frères Lejeal ne sont pas commodes, ils sont soudés comme les doigts de la main et gare à celui qui déplaît à l'un ou l'autre. Claude, surtout lui, est un «  paquet de nerfs » toujours prêt à prendre la mouche. Pas très grand, à peine 1m68, mais ses yeux gris perçants reflètent un personnage vif et querelleur. On le craint un peu.

Le soir, lors de couarôges entre voisins, le nom des Lejeal revient souvent au sujet de querelles ou bagarres. Cette réunion fréquente c'est la «  veillée », on bavarde en cassant des noix, des noisettes, en mangeant tarte ou gâteau, en vidant quelques verres de goutte, au poêle. Les femmes brodent ou tricotent, les hommes tressent des corbeilles ou paniers de saule, les enfants jouent, les plus grands en sont aux amourettes et bien des couples se sont formés au cours de ces veillées.

Claude Lejeal a pris l'habitude de fréquenter les débits de boisson et ses colères sous l'emprise de l'alcool sont monnaie courante et il est devenu indésirable et craint.

Les cabarets et les auberges sont les rares lieux de distraction pour oublier les peines d'une journée harassante, mais, celui qui se laisse aller à des excès d'alcool n'envisage pas toujours les risques encourus : santé, caractère et la famille qui en paie les frais ! L'alcoolique devient parfois agressif et cela peut avoir des conséquences dramatiques.

Par Vosgien
Ecrire un commentaire - Voir les 5 commentaires
Jeudi 14 janvier 2010 4 14 /01 /Jan /2010 02:56
 

Nous n'étions pas encore à l'ère industrielle dans la vallée de la Vologne et, si le textile allait par la suite y connaître des années florissantes, les usines étaient encore à des décennies de leur installation. La culture et l'élevage restaient les principales sources de revenu malgré la sévère crise agricole de 1811. Cette année-là, les récoltes sont désastreuses, les plus riches stockent le blé pour le revendre plus cher et le prix du pain s'en trouve multiplié par six: de deux sous la livre il passe aux alentours de douze sous. L'Etat doit aller jusqu'à ordonner des réquisitions exécutées par les gendarmes. Heureusement, l'année suivante verra une excellente récolte et, à l'automne 1812, la crise n'est déjà plus qu'un mauvais souvenir.

 

C'est donc en 1813 que le couple Lejeal s'installe en qualité de cultivateurs à Rosé. En langage du terroir le jal est un coq, de la racine «  gal », de «  gallinacé » , et on rencontre aussi les patronymes Legal et Lecoq dans les Vosges.

Claude Lejeal, c'est le nom du mari, est né à Maillegoutte ( une goutte est une source ), un lieu-dit du hameau de Barbey-Seroux, en 1787, de Jean André Lejeal et Jeanne Michel. Si son arrière grand-père Nicolas Lejeal était de la région de Corcieux, il s'était installé à Granges en 1703, en y épousant une Graingeaude, Barbe Noël, le 11 février de la même année. Ils eurent un fils, Nicolas également, marié aussi à Granges en 1730.

Claude a un frère, Joseph, avec qui il s'entend parfaitement.

Chez les Lejeal, chacun garde en mémoire la fin tragique de la petite Barbe Lejeal, née à Barbey-Seroux le 5 mars 1745, petite-fille du cousin du grand-père Nicolas, et dont les circonstances pénibles du décès sont pour toujours inscrites sur le registre paroissial de Granges :

 

«  L'an mil sept cent soixante trois, le vingt septième de septembre sur les six heures du soir, Barbe Lejal, fille de Claude Lejal et Marie Madeleine Martin, a été enlevée par un loup en gardant du bétail à la distance de dix pieds de la métairie de la Cire au Soleil ( Seroux ) et a été dévorée cruellement incontinent après, âgée de huit ans et demy; après une recherche exacte on a trouvé quelques restes de son corps comme le coeur, le foyes, les boyaux, les roignons et quelques extrémités des doigts … »

 

Cet épisode tragique est traditionnellement répété dans la famille Lejal,on n'oublie pas un tel drame !

Les loups avaient pourtant fait l'objet de chasses depuis longtemps car ils dévoraient les bêtes des paysans et on n'en rencontrait plus beaucoup à la fin du 18 ème siècle bien qu'à l'époque de notre histoire, le premier quart du 19 ème siècle, on en tue encore dans le massif vosgien de temps à autre. Quant à celui qui dévora la petite Barbe Lejal, on ne peut pas attribuer son comportement à la famine car au mois de septembre on est encore loin des rigueurs de l'hiver ...

Par Vosgien
Ecrire un commentaire - Voir les 7 commentaires

Présentation

  • : Le blog de Vosgien
  • Le blog de Vosgien
  • : Littérature
  • : Je vous propose de lire chaque jour ( si possible pour moi ) une page d'un roman que j'ai écrit après avoir découvert au hasard d'une promenade et lu sur une croix ( ou calvaire ) de chemin qu'un meutre avait été commis au 19 ème siècle à cet endroit..... J'ai voulu en savoir plus....
  • Partager ce blog
  • Retour à la page d'accueil
  • Contact

Créer un Blog

Recherche

Calendrier

Mai 2012
L M M J V S D
  1 2 3 4 5 6
7 8 9 10 11 12 13
14 15 16 17 18 19 20
21 22 23 24 25 26 27
28 29 30 31      
<< < > >>
Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus - Articles les plus commentés